Une très grandefigure de la Résistance pendant la Grande Guerre: Marie-Léonie VANHOUTTE

Marie-Léonie Vanhoutte alias Charlotte, à Sieburg

Marie-Léonie Vanhoutte

MARIE-LÉONIE VANHOUTTE

Dès 1914, Louise de Bettignies (1880 - 1918) qui vit à Lille est indignée et révoltée par l'invasion allemande. Son patriotisme et son immense courage la conduiront d'abord à transmettre des lettres aux victimes de l'exode... Les Anglais de l'Intelligence Service s'intéressent à cette jeune Française audacieuse et lui demandent de travailler pour eux. Elle juge que les renseignements qu'elle pourra leur fournir sont, d'un point de vue stratégique, plus importants que ceux qu'elle pourrait donner à l'État Major des Français et s'engage donc auprès des Britanniques Les renseignements qu'elle fournit aux Anglais sont certes, d'une très grande importance, mais aussi d'une très grande qualité. Arrêtée en octobre 1915, elle meurt à Cologne en1918.

C'est à Folkestone que Louise acceptera de devenir agent anglais en prenant le pseudonyme d'Alice Dubois. Sa mission est claire: organiser dans le Nord de la France un réseau de renseignements en direction de l'État Major Anglais. Pour transmettre des renseignements à ces derniers, elle doit franchir fréquemment les lignes ennemies. Mais le risque se révèle payant : grâce à ses indications, les batteries allemandes de la région de Lille sont détruites à 3 reprises durant l'été 1915.

 

En février 1915, elle a rencontré à Roubaix Marie-Léonie Vanhoutte, une autre résistante. "Vous serez mon lieutenant et vous vous appellerez Charlotte !". Désormais, les 2 jeunes femmes partagent le même sort : arrêtées, condamnées à mort, elles voient toutes les deux leur peine commuée. On les enferme dans la prison de Siegburg. Louise y contracte une pneumonie dont elle mourra. Marie-Léonie a la chance d'être libérée, le 8 octobre 1918.

 

 

 

 

LOUISE DE BETTIGNIES

Comment une jeune femme ayant bénéficié d'une éducation classique et travaillant comme préceptrice dans des familles princières devint un enjeu primordial entre les nations en guerreÉ Telle est l'histoire dramatique de Louise de Bettignies, née, près de St Amand les Eaux le 15 juillet 1880, dans une famille alliant noblesse et bourgeoisie. Louise, frêle jeune fille sans réelle beauté, mais sachant plaire, faisant preuve d'assurance et de dynamisme, parlant plusieurs langues, obtint facilement des emplois d'importance dans diverses familles titrées d'Europe. L'archiduc François-Ferdinand, dont l'assassinat entraîne la guerre de 1914, lui propose une place de gouvernante; elle la refuse malgré les avantages offerts, pour na pas perdre la nationalité française.

Infirmière à Lille pendant le siège d'octobre 1914, elle réussit à retrouver sa famille réfugiée lors de l'occupation ennemie. Ce faisant, elle apporte 300 messages destinés à des familles séparées; ces nouvelles, immédiatement transmises aux intéressés, alertent la très vigilante censure postale. Les services de renseignements prennent contact avec avec Louise et lui demandent de devenir agent d'information. Elle hésite entre les français et les anglais auxquels elle donne la préférence; ils sont moins difficiles à joindre et leur armée fait face au secteur lillois.

Revenue clandestinement à Lille, elle organise avec son amie Léonie Vanhoutte, un vaste réseau, le « service Alice », qui collecte d'innombrables renseignements acheminés par des courriers bihebdomadaires ou par elle-même au cours d'une vingtaine de voyages jusque Folkestone.

Arrêtée à Froyennes en octobre 1915 elle est transférée à Bruxelles et comparaît devant un conseil de guerre qui la condamne à mort, peine commuée en détention à vie. L'incarcération dans la prison de Siebourg tourne au drame: condamnée au cachot, à peine vêtue en plein hiver, elle contracte une pneumonie, mal soignée par un personnel incompétent. Transférée in extrémis dans un hôpital à Cologne elle y décède le 27 septembre 1918. Le corps de celle dont le rôle avait équivalu, selon l'appréciation d'un officier allemand, à l'action d'un corps d'armée, sera rapatrié pour être inhumé à Saint-Amand. Le souvenir de son héroïque action est rappelée à Lille, par le nom d'une place, une plaque apposée sur la demeure qu'elle a occupée rue d'Isly, et un monument (peu visible) élevé en 1927 à l'entrée du boulevard Carnot.

 

Source: Article du Dr Alain GERARD

La Voix du Nord du 23/11/97

 

 

Louise de Bettignies alias Alice Dubois
Marie-Léonie VANHOUTTE (Mme Antoine REDIER)

Marie-Léonie Vanhoutte devenue Mme Antoine Redier en 1934 avait d'abord été infirmière-ambulancière en 1914 avant de devenir le lieutenant de la célèbre Louise Bettignies, sous le nom de guerre de "Charlotte". En 1915 elle tomba aux mains de l'ennemi et fut condamnée à mort. Sa peine fut commuée et on l'incarcéra à la forteresse de Siegburg où elle contracta le tiphus. Mais elle s'évada en 1918.

En 1919, le 24 août, la Croix de Guerre lui fut décernée. Elle reçut aussi la Médaille Militaire anglaise, la Croix de Chevalier de l'Ordre de l'Empire Britannique ainsi que la Croix Civique belge.

Le 27 février 1927, elle avait reçu la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur. En 1966, elle était promue au grade d'Officier de la Légion d'Honneur alors qu'elle était retirée dans une maison de repos de Boulogne-sur-Seine.

Elle s'éteignit le 4 mai 1967 à l'âge de 79 ans. "Charlotte" repose désormais dans l'ancien cimetière de Hauteville, dans le caveau de la famille Redier.

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